Activités du secteur agricole

les femmes et la terre

photo femmes à manecoundaLes femmes entretiennent des jardins maraîchers très soignés (semis ou plantations en lignes, désherbages minutieux) qu’elles arrosent le matin par de longs va-et-vient au puits. En avril, c’est la période des oignons et de l’oseille. Mais les semis de gombos sont déjà très avancés. Ainsi chaque repas quotidien comporte-t-il riz ou boulettes de mil, accompagné d’une sauce à l’oignon ou d’une sauce verte d’oseille ou de gombos. Ces jardins ou «champs de cases » sont des espaces de culture intensive qui reçoivent un apport de fumier animal et de déchets ménagers. Cependant, les femmes souhaitent que ces jardins soient clôturés (volaille et petit bétail vaquent librement dans le village) et que des engrais viennent améliorer les sols. D’autres cultures de contre-saison seront effectuées en temps voulu : tomates, gombos, piment… La majeure partie de la production est auto-consommée et améliore la qualité de l’alimentation complétée par quelques laitages et jus de fruits frais. Dès les premières pluies attendues en juin (début de la saison appelée « hivernage » et qui dure trois mois), ces espaces seront consacrées au maïs. Par sa précocité, il permettra de couvrir les besoins alimentaires en période de soudure de septembre à octobre. Des rizières sont aménagées à l’écart du village, en bordure de la Casamance dans des bas-fonds. Certaines rizières sont abandonnées à cause de la salinité des eaux du fleuve. Ce sont aussi les femmes qui pratiquent cette culture en utilisant une large gamme de variétés de riz. Une des spécialités des femmes de Manécounda, c’est de préparer le sel à partir des berges de la Casamance, fleuve qui dépose ses boues salées, recueillies puis lessivées, cuites et filtrées sur des foyers.

 

Les hommes aux vergers et sur le fleuve

La banane est produite essentiellement dans une coopérative située hors du village, dite GIE (Groupement d’intérêt Economique). Cette coopérative emploie 160 ouvriers adhérents venus des différents villages. C’est la plus grande plantation de la Casamance, tant par le nombre d’hectares plantés que par sa production. Un système d’irrigation à partir d’un forage à 130 mètres de profondeur amène l’eau chaque jour au pied des bananiers. L’arrosage se fait de 18 heures à 6 heures du matin pour éviter l’évaporation.

Les régimes de bananes sont surveillés, nettoyés, étayés, puis cueillis et détaillés; Les bananes sont ensuite mises en cartons portant la mention «Fédération des GIE producteurs de bananes», Sédhiou Sénégal. Les camions chargés de 600 cartons de 15 kilos sont ensuite acheminés sur Dakar. Le coût au kilo au GIE est de 150 FCFA (25 c). Arrivé à Dakar, il sera vendu 2OOFCFA au grossiste et 250 F au détail.

Le travail d’entretien et de coupe est pénible, sans assurance accidents ni mutuelle en cas d’invalidité. Des femmes viennent tous les jours acheter des lots de bananes non calibrées pour leur consommation et pour la revente locale. Ces bananes ne sont pas encore mûres et devront être gardées encore une quinzaine de jours avant d’être consommées. Des vergers de manguiers mais aussi d’anacardiers ( acajou, fruits et graines connues sous le nom de « noix de cajou ») de palmistes ( pour la production d’huile et de vin de palme) complètent une alimentation diversifiée et alimentent le petit commerce. Comme pour les bananes, les mangues et les oranges sont vendues par tonnes à Dakar. La pêche est pratiquée en toute saison sur la Casamance proche du village. Deux pirogues motorisées et divers engins de pêche sont utilisés. L’entretien et la réparation des filets occupent les populations masculines riveraines. Les espèces pêchées sont variées (tilapia, mulets, crevettes). Les prises sont peu importantes en saison sèche, plus abondantes lorsque les pluies arrivent. L’élevage est surtout de type extensif. Chaque famille dispose de volailles. Truies et porcelets se déplacent librement en quête de nourriture. Pendant la saison sèche, les bovins sont laissés en vaine pâture. En l’absence d’abreuvoir au village, le bétail se désaltère autour des puits pendant la saison sèche et autour des mares et des bas-fonds, près du fleuve; mais les eaux sont salines. D’où le projet de  réalisation d’un abreuvoir au village.